Habituellement, ici, sur ce blog, j'aime partager mes moments de bonheur, de joie, de créativité... Tout ce qui est moteur dans ma vie. Aussi, je ne témoigne que rarement de sujets douloureux ou simplement "moins heureux", que je juge souvent trop intimes.

Mais aujourd'hui, je sors un peu de ma zone de confort. Peut-être par besoin de sortir ce qui me tracasse et peut-être un peu aussi par besoin de conseils, de mots rassurants...

Ce matin, je consultais ma liste d'idées d'articles à publier pour commencer la rédaction de certain d'entre eux notamment un post pour les 18 mois de Lizon, le mois prochain. A l'image de ce que j'avais écris pour ses neufs mois, je voulais écrire quelque chose sur nos moments forts, sur sa personnalité...

DSCN4829

Mais tout ce qui m'est venu au moment de poser mes mots, sont les images de ces nuits hachées, de ces cernes sous mes yeux, de cette fatigue omniprésente et qui se transforme doucement en un véritable épuisement. Non pas que les moments heureux soient inexistants ou que mon amour maternel ait disparu, mais après n'avoir dormi que de 22h à minuit et de 4h à 7h, mon cerveau ne semblait simplement pas s'en souvenir. Il ne restait de notre relation que ce trou dans ma nuit, que cet enfer de l'éveil forcé qui se répète inlassablement chaque nuit ou presque depuis 17 mois.

17 mois sans sommeil, donc. 17 mois sans sommeil, ça vous conduit à envisager toutes les solutions possibles pour arriver à enfin faire une nuit complète : consultations chez un ostéopathe, rituel du coucher revu et corrigé plusieurs fois, plus de proximité la journée afin de gonfler à bloc son réservoir d'amour et de tendresse, menus du soir revus et corrigés plusieurs fois (plus léger, plus copieux, avec ou sans féculent...), massages avant le coucher, berceuse, lit à barreaux, matelas au sol, cododo, avec une veilleuse, sans veilleuse, avec tétine, avec deux tétines (au cas où elle en perdrait une dans son lit)...

IMG_20160606_072738

Et comme rien ne fonctionne on en vient même à envisager d'autres solutions plus "alternatives" comme une consultation chez un chaman ou un exorciste. (humour bien sur, enfin... presque).

17 mois sans sommeil, ça vous amène aussi à vous imaginer régulièrement voyager dans le temps et débarquer au moment de la conception de votre enfant en criant "STOOOP, ne faîtes pas ça vous aller vivre l'enfer !!". Oui, la nuit, au bout du 5ème réveils on en vient à regretter de l'avoir mise au monde, cette petite merveille qu'on aime pourtant plus que tout.

17 mois sans dormir correctement, ça amène aussi beaucoup de culpabilité. La culpabilité de ne pas réussir à trouver de solution pour aider notre fille à être suffisamment sereine pour dormir paisiblement. Mais aussi celle d'être trop fatiguée pour emmener notre ainé à la piscine alors qu'il nous le demande depuis plusieurs semaines ou celle d'accorder moins de temps à notre couple car au lieu de passer du temps à discuter ou à se blotir l'un contre l'autre devant un film une fois les enfants couchés, on préfère aller dormir. Et puis ça entraine inexorablement des problèmes du quotidien parce qu'on est continuellement "au radar" et "au ralenti" et que les choses qui devraient être faîtes trainent et s'accumulent dans une longue liste de retards...

Bref, 17 mois de nuits sans dormir, c'est long. Trop long. Donc si vous êtes passés par là et que vous en êtes sortis ou même si comme moi, vous êtes au bout du rouleau, n'hésitez pas à venir me raconter comme vous avez fait pour passer cette période ou comment vous arrivez à le gérer. Parce qu'ici, nous sommes à court d'idées !